Une banshee, banshie ou bean sí est une créature féminine surnaturelle de la mythologie celtique irlandaise considérée comme une magicienne ou une messagère de l’autre monde. Inisherin est une île irlandaise imaginaire. L’intrigue se déroule en 1923 à la fin de la guerre civile irlandaise. Voilà pour le décor.
C’est l’histoire de deux hommes qui aiment tous les deux les animaux et qui perdent le sens de l’amitié à force de le chercher. C’est une histoire de nature, d’arts, de relations humaines. La vie intérieure, qu’elle soit peau de chagrin ou dédiée à la survivance des œuvres littéraires ou musicales, constitue le fond un peu flou de ce tableau. Au loin on entend le bruit et la fureur de la guerre et des exécutions, sans jamais n’en rien voir. C’est le temps où l’on portait ses valises et où l’on en connaissait le poids des livres. La musique, comme la lumière et les paysages, joue un rôle central. Les violons au pub rythment ce film.
Ce film propose différents niveaux de lecture. Il offre au spectateur des opportunités de s’emparer de ce qui fait écho en lui. On peut ne pas s’intéresser à l’histoire et juste contempler les paysages irlandais. On trouve dans Les Banshees d’Inisherin tout ce qu’on vient chercher au cinéma : des scènes de la vie quotidienne, une réflexion sur la littérature, la musique, la recherche de la postérité ou bien encore la vie avec les animaux, et aussi une banshee qui assiste à toute cette histoire.
Les intellectuels, les pauvres d’esprit, les salauds, les animaux, tout le monde a sa place dans cette histoire de folie humaine.
C’est un film faussement drôle, très cruel, très ancré géographiquement et historiquement. Et pourtant cette histoire est tellement universelle.
Colin Farrell et Brendan Gleeson sont remarquables en frères amis-ennemis.
Mon personnage préféré : Jenny, la vraie victime de cette histoire de fous
Quelques répliques
« Il a décidé qu’il voulait plus être mon ami. »
« Je vais m’asseoir en face de toi, et si jamais tu rentres, je te suivrai à l’intérieur. Et si tu rentres chez toi, je te suivrai aussi. Ecoute si je t’ai fait du mal, c’est simple t’as qu’à me le dire. Peut-être que je t’ai dit quelque chose de mal quand j’étais bourré, et que j’aurais oublié, c’est possible. Mais je crois pas avoir dit quelque chose de mal quand j’étais bourré et que j’aurais oublié. Mais si c’est las, il faut me le dire et je te présenterai mes excuses, Colm. Du fond du cœur je te présenterai mes excuses. Mais il faut que tu arrêtes de m’éviter et de bouder comme un sale gosse qui fait la tête.«
« Si je me sens seul ? Mais qu’est-ce que vous avez tous ? Nom de dieu ! Seul ? N’importe quoi ! »
« Ce matin j’ai écrit ça. (musique). Demain j’écrirai la deuxième partie et après-demain j’écrirai la troisième partie et d’ici à mercredi il y aura un nouveau morceau sur terre qui n’aurait jamais existé si j’avais passé la semaine à écouter tes foutaises, Padraic.«
« Tu n’es pas bête, tu es gentil, et maintenant on passe à autre chose.«
« Je ne veux plus que tu me parles. Compris ? Je ne veux plus que tu m’embêtes, ni que tu m’envoies ta sœur ou le curé pour parler à ta place. »
« C’était pas plus simple quand on était tous du même côté ? On tuait les Anglais, c’était mieux. »
« Tu sais les trois choses que je déteste le plus sur Inisherin? Premièrement les agents de police, deuxièmement les gros lards qui jouent du violon. Troisièmement, j’avais un truc marrant en troisième position. C’était quoi ? Je recommence. Premièrement… »
« Ça n’a rien à voir avec Inisherin. Le problème c’est un homme ennuyeux à mourir qui ne veux pas laisser quelqu’un tranquille. »
Ce qui m’inquiète, c’est comment je me divertis pour conjurer l’inluctable.Toi aussi, Non ?7
« Il faut croire que la gentillesse ça dure pas, Padraic. Tu veux savoir ce qui peut durer, ce qui reste ? La musique reste, la peinture reste et la poésie reste. »
« Parce que tu n’as rien à espérer sur Inisherin. Rien. Si ce n’est tristesse, rancune, solitude, dépit et le temps qui s’écoule lentement jusqu’à la mort. Tu trouveras cela n’importe où.«
« Je mets jamais mon âne dehors quand je me sens triste. »
« Je te remercie d’avoir veillé sur mon chien. »
Fiche technique
Réalisation et scénario : Martin McDonagh
Musique : Carter Burwell
Décors : Mark Tildesley
Photographie : Ben Davis
Montage : Mikkel E.G. Nielsen
Production : Graham Broadbent, Peter Czernin et Martin McDonagh
Pays de production : Irlande, États-Unis et Royaume-Uni
Langue originale : anglais
Durée : 109 minutes
Distribution
Colin Farrell : Pádraic Súilleabháin
Brendan Gleeson : Colm Doherty
Barry Keoghan : Dominic Kearney
Kerry Condon : Siobhán Súilleabháin, la sœur de Pádraic
Pat Shortt : Jonjo Devine, le tavernier
Gary Lydon : Peadar Kearney, le policier
Sheila Flitton : Mrs. McCormick
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