Dieu et le chameau est un film allemand, réalisé par Stefan Sarazin et Peter Keller. Mais on n’y parle pas un mot d’allemand. Je vous conseille de le regarder en VO si vous aimez les langues. Vous entendrez de l’anglais, de l’hébreu, de l’arabe, du français et du grec. La version française perd de ce charme linguistique et surtout elle ne restitue pas les difficultés de communication entre les deux personnages principaux qui se parlent en anglais, mais dans un anglais très rudimentaire pour l’un, alors que c’est la langue maternelle de l’autre.
C’est un film contemplatif qui donne une grande importance au langage non verbal, aux regards, à l’exaspération de devoir s’exprimer sans nuance. Le désert y est filmé dans toute sa diversité, sous toutes formes de lumières.
Le point de départ : un homme, juif de Brooklyn, doit remplir une mission cruciale, être le dixième homme adulte de la petite communauté juive d’Alexandrie qui s’apprête à célébrer Pessah. Sans ce dixième homme, cette communauté cessera d’exister et sera condamnée à léguer son patrimoine à l’Etat égyptien.
Mais tout ne se passe pas comme prévu et ce film est finalement un mélange de road-movie et de voyage initiatique. C’est la rencontre de deux hommes que tout oppose (la religion, la politique, les traditions) et qui se retrouvent dans le décor qui rassemble les peuples du Proche-Orient : le désert. Les deux hommes cheminent ensemble dans le désert du Sinaï, avec une carpe farcie dans les bagages de l’un, à la recherche du chameau de l’autre. Le spectateur voyage aussi de Brooklyn à Alexandrie en passant par Jérusalem
Les conflits du Proche-Orient ne sont pas esquivés et chacun défend son Dieu mais Dieu et le chameau est avant tout un film humaniste et parfois drôle. Mais je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir le film et les deux acteurs principaux : Luzer Twersky et Haitham Omari.
Le personnage principal : le désert
Quelques répliques
« Quand on traverse le désert, à chaque pas, on laisse une partie de soi-même. Jusqu’à ce que la personne qu’on était devienne celle qu’on est. Nous ne sommes que des humains après-tout. Des humains avec des noms différents. »
Ben, bienvenue à Jérusalem. Tu tombes pile au bon moment !
Chef, j’ai un Juif devant moi. Un Américain.
« Désolé, on est en démocratie. »
« Tu perds mon chameau et en plus tu t’énerves ! »
« Je vais t’emmener. Mais d’abord je dois retrouver mon chameau. »
T »on Dieu n’aime pas mon pain ? Pas de problème. Je vais le manger. « »
« Tu connais la loi du désert ? Si tu n’as pas d’eau tu meurs. C’est toi le danger de mort. «
« C’était la ‘beit al-sha’r’ de mon « jeddi » : la tente de mon grand-père. C’est ici qu’on dormait : mon père, mes frères. Et moi Et là-bas mon chameau a mangé mon unique livre, pour apprendre l’alphabet. C’est la seule fois où je l’ai frappé. La prochaine fois ce sera quand je le trouverai. »
« Les chameaux et les Bédouins, c’est très spécial. Le chameau donne tout : le lait, la laine, le transport, la viande. Puis la voiture est arrivée. Les Bédouins en ont voulu une, mais il faut de l’essence. L’essence coute de l’argent. Dans le désert on ne travaille pas pour de l’argent. Alors, les bédouins ont quitté le désert. Ils sont allés dans des logement d’Etat. Le corned-beef vient de là-bas. Mais là-bas, dans les maisons, pas de travail non plus. Pas de travail : pas d’argent. Alors les Bédouins ont quitté les maisons. Certains pour l’Arabie Saoudite, certains autres travaillent pour les touristes. »
« C’est Shabbat. C’est un jour important pour nous. Pendant Shabbat, Hachem s’est reposé. C’est pourquoi il ne veut pas qu’on travaille ou qu’on porte d’argent. Mais peut-être que quelqu’un d’autre peut le garder pour moi jusqu’à demain. »
« La paix ? Vous ne partagez pas la nourriture. Vous ne partagez pas la terre. Quelle paix ?
« Savez-vous pourquoi j’adore les échecs ? Il n’y a pas de joker dans le jeu. »
« Allah a 99 noms. Ar-Rahman, Ar-Rahim, Al-Karim. Pourquoi tant de noms ?
– Il est trop grand pour n’en porter qu’un.
– Nous n’avons pas de nom. ‘Hachem’ signifie simplement ‘le nom’. »
Beaucoup de noms, pas de nom, c’est pareil.
« Malaka ! »
« L’Chaim. »
Fiche technique
Titre original : Nicht ganz koscherEine göttliche Komödie
Réalisation : Stefan Sarazin, Peter Keller
Scénario : Stefan Sarazin
Musique : Matthias Petsche
Distribution
Hitham Omari : Adel
Makram Khoury : Gaon
Luzer Twersky : Ben
Raida Adon : Ada
Riyad Sliman : Ari
Sinai Peter : Yechiel
Yussuf Abu-Warda : le préfet
Josh Sagie : le chauffeur de taxi
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