2 saisons (saison 1 : 10 épisodes ; saison 2 : 8 épisodes)
Autant préciser tout de suite que je ne suis pas une fanatique d’histoires de dragons. J’ai choisi un autre angle de vue pour aborder cette série : pour moi il s’agit d’une histoire de femmes, initialement meilleures amies : deux louves qui veulent assurer leur destin et en offrir un à leurs enfants. Des reines, des combattantes, tourmentées par des conflits de loyauté.
Ce sont les dragons qui déterminent la puissance ou non d’une maison ou de l’autre. Et n’est pas dragonnier qui veut, c’est une question de lignée et de destin. Les dragons et la descendance. Donc nécessairement la naissance et l’accouchement sont au cœur de l’histoire. La série est ponctuée d’accouchements. Dans l’une des scènes inaugurales, l’accouchement se passe mal et la décision est prise par le mari « d’ouvrir la femme pour faire sortir l’enfant« . Entendons-nous bien, il ne s’agit pas d’une césarienne avec péridurale (ce qui n’a déjà rien de drôle) mais d’un grand coup d’épée dans la largeur du ventre de la femme et de l’hémorragie et la mort qui s’ensuivent immanquablement.
De même, on quitte une jeune fille fière et belle, pour la retrouver quelques épisodes plus tard, haletante, grimaçant de douleur et les cheveux collés sur son front plein de sueur. Les princesses, les reines n’échappent pas à leur biologie. Une seule parmi les princesses de la série, devant la difficulté de faire venir un enfant pas le siège, décidera de se suicider. Elle ne laissera pas au père le choix de choisir entre la mère et l’enfant, ni de « l’ouvrir« .
C’est une série sur le destin biologique des femmes. Elles y jouent un rôle central et d’ailleurs, ce sont les femmes qui apparaissent sur les affiches avec les dragons. Au-delà de cela, il ne s’agit pas de faire passer les femmes pour des victimes du fait de la spécificité de leur corps et des difficultés qu’elle entraine. Ce sont elles, dans la série, qui détiennent l’autorité, mais elle leur est sans cesse disputée. Pour expliquer le rôle secondaire auquel on voudrait les assigner, Simone de Beauvoir écrivait dans Le deuxième sexe qu’ »engendrer, allaiter ne sont pas des activités, ce sont des fonctions naturelles« . Les femmes de House of the Dragon refusent cette assignation à la « nature » de leur condition. Elle veulent être des êtres politiques.
Comme dans Game of Thrones dont House of the Dragon est un spin off, les amateurs de la série retrouveront les châteaux majestueux, les batailles épiques et sanguinolentes, les cheveux argentés, les bruns, les gens du Nord ceux de Port Réal et les scène de sexe, sensuelles, remarquablement chorégraphiées et éclairées.
Quelques citations
« Vous êtes là entourée de vos serviteurs, tous fixés sur le bébé. Quelqu’un doit s’occuper de vous. »
« Toi aussi, tu seras couchée dans ce lit bien assez tôt, Rhaenyra. L’inconfort est notre façon de servir le royaume. »
« Nous avons des entrailles royaules toi et moi. Notre champ de bataille est le lit de nos couches. Nous devons y faire face avec la plus grande bravoure. »
« Née avec une couronne sur la tête ? Que les dieux m’épargnent, l’accouchement est déjà assez cruel. Celui-ci sera le dernier Viserys, J’ai perdu un bébé au berceau, j’ai eu deux morts nés et deux grossesses qui se sont terminées bien avant leur terme. Cela fait cinq fois en deux fois plus d’années. Je sais qu’il est de mon devoir de te donner un héritier. Je suis désolée si j’ai échoué dans cette tâche. Je le suis vraiment. Mais je ne pourrai supporter le deuil d’un autre enfant. »
« Voici donc la v érité que personne n’a jamais eu le courage de vous dire. Ils aimeraient mieux mettre le royaume à feu et à sang que de voir une femme s’asseoir sur le trône de fer. Et cela votre père le sait mieux que personne. »
« On m’a vendue comme un abjet tant de fois que je ne les compte plus, y compris dans une patrie dont je n’ai aucun souvenir. J’ai vécu dans la terreur presque toute ma vie. »
« Raynira est une adulte. Elle doit épouser un grand seigneur qui l’honorera, la défendra et lui servira de roi consort. Ses souhaits en la matière sont hors de propos. »
« Je ne vois pas ce u’il y a de romantique à être enfermée dans un château et leur pondre des héritiers. »
« Ma mère était faite pour enfanter. Jusu’à en mourir. Je ne subirai pas le même sort. »
« Si j’étais venue au monde en tant qu’homme, je pourrais coucher avec qui j’ai envie. Je pourrais engendrer une douzaine de batards et personne à votre cour ne sourcillerait. »
« Voilà pourquoi la guerre est une affaire d’hommes : parce que la femme n’est jamais prête à temps pour la bataille. »
« Que je suis heureux de ne pas être une femme. »
« Je suis fière de toi, ma fille. J’espère que l’accouchement a été facile. »
« Vous vous sentirez mieux dans un jour ou deux, quand le lait sera tari. »
« Je dois vous avouez que ma science est impuissante. L’enfant ne vient pas. Je suis navré mon prince. Nous pourrions l’ouvrir, essayer de libérer l’enfant au moyen d’une lame. Mais je ne peux avancer la certitude que l’enfant vivra. »
« Princesse, je vous en supplie, laissez-nous calmer la douleur. Princesse, ne faites pas ça toute seule. «
« La peur du dragon est en soi une arme dissuasive. »
« La tristesse est un état que toute mère connait. »
« Je n’ai jamais remis en doute votre vivacité d’esprit, ni vos aptitudes. Seulement, jusqu’ici, le beau sexe n’a pas été mis dans le secret des stratégies militaires et de leur exécution. »
« Ils parlent autour de moi, mais pas à moi. Ils me veulent comme reine mais ilsvoudraient me garder ici, confinée. J’ai du mal à leur en vouloir. Maintenant que je suis leur souveraine je ne peux plus faire ce qui me plait. Et la guerre a toujours été l’apanage des hommes. Si j’avais été un garçon, on m’aurait mis une épée das la main au moment où j’aurais su marcher, au lieu de ça j’ai dû remplir la coupe de mon père. On m’a appris le nom de tous les séigneurs et de leurs fiefs. »
« Si je dois quémander la présence de mon mari, qu’est-ce que cela fait de moi ? Je ne connais pas mon rôle. Le chemin que je trace n’a jamais été emprunté. »
» Je suis d’accord Majesté cela doit être le prince Aemond. De quoi aurions nous l’air si, en réponse de la revendication de Rhaenyra, nous mettions comme eux une femme sur le trône ?«
« Votre loyauté s’est-elle évanouie ou ne manifeste-t-elle que la nuit, comme certains papillons ? «
« Je vous retire votre siège, tel qu’il était au conseil. Je suis sûr que serez fort heureuse de retrouver des activités plus… domestiques. »
« Je suis fatiguée que tous me surprotègent. Fatiguée qu’ils me prennent pour leur mère, leur fille, Ils doivent voir en moi une souveraine. Et les symboles de l’autorité ne sont ni les parures ni les dorures, mais l’épée et le bouclier. »
« Mon propre fils met en doute mes capacités. Il dit que j’ai besoin de Daemon à mes côtés ».
« Il incarne tout ce que j’aurais aimer être : insouciant et dangereuse. Un homme. Et j’étais tout ce qu’il désirait : l’affection de mon père et être son héritière. Nous étions deux moitiés d’un tout. Mais il n’a jamais trouvé la paix. Il voulait me posséder sans jamais être possédé à son tour. Et me voir m’emparer de ce qu’il avait toujours pensé lui revenir. »
« C’était mon père. Je n’étais qu’une enfant et… il assouvissait ses désirs avec moi. Et lorsqu’après plusieurs mois de cela il devint évident que sa semence avait pris racine… Et j’au une autre cicatrice ici, je ne pourrai jamais avoir d’enfant. Il m’a laissée pour morte, et j’ai survécu ».
« J’étais bien plus heureuse avant d’être reine. »
Fiche technique
Titre original et français : House of the Dragon
Création : George R. R. Martin et Ryan Condal (en) d’après les romans de George R. R. Martin
Réalisation : Miguel Sapochnik, Greg Yaitanes, Clare Kilner, Geeta Vasant Patel
Scénario : Ryan Condal, Sara Hess, Charmaine DeGraté, Gabe Fonseca, Kevin Lau, Ira Parker, Eileen Shim
Direction artistique : Antonio Calvo Domínguez, Philip Elton, Andrew Ackland-Snow, Lydia Farrell, Sarah Bicknell
Décors : Jim Clay
Photographie : Fabian Wagner (en), Pepe Avila del Pino
Montage : Tim Porter, Selina Macarthur, Chris Hunter
Casting : Kate Rhodes James
Production : Karen Wacker, Alexis Raben
Distribution
Emma D’Arcy : la princesse puis reine Rhaenyra Targaryen
Milly Alcock : Rhaenyra Targaryen (jeune)
Olivia Cooke : Lady Alicent Hightower
Emily Carey : Alicent Hightower (jeune)
Paddy Considine : le roi Viserys Ier Targaryen
Matt Smith : le prince Daemon Targaryen
Graham McTavish : sir Harrold Ouestrelin
Eve Best : la princesse Rhaenys Targaryen
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